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Souffrance

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Souffrance = douleur ?

G

lossaire

Dernière mise à jour : 12/5/2025

Voir : douleur

 

Douleur/souffrance

Les deux termes sont souvent employés l’un pour l’autre sans gravité même si des différences existent :

  • Douleur : ressentie ou perçue par l’individu : on parle de douleur physique.
  • Souffrance : causée par un élément extérieur (une maladie ou une personne peuvent générer de la souffrance) on parle de souffrance morale, ou encore de souffrance globale.
  • La loi de 2016 fait état de souffrance quand il s’agirait parfois plutôt de douleur.

 

Penser la fin de vie (Jacques RICOT, Hygée 2e éd., 2019, p. 118 s.)

 

Intuition :

  • La douleur renvoie à une sensation physique bien localisable dans le corps,
  • Alors que la souffrance se donne comme un sentiment d’ordre psychique qui peut correspondre ou non à une douleur physique

Beaucoup de confusions entre douleur/souffrance sont faites dans le langage courant, Jacques Ricot proposait de maintenir la distinction :

  • limiter l’usage de la douleur au registre somatique
  • et ouvrir celui de la souffrance aux différentes modalités de la représentation du mal (somatique ou non) qui ronge l’individu. (psychique)

C’est le parti qu’a pris Paul Ricoeur : « La souffrance n’est pas une douleur ».

 

Jacques Ricot propose de distinguer :

  • Douleur physique/morale
  • Souffrance physique/morale

Pas de souffrance psychique sans somatisation (pas de souffrance morale sans douleur physique)

Mais une douleur physique sans souffrance morale est possible.

 

Souffrance morale : la source est, éventuellement, localisable dans le corps

Si on doit ne parler que de « souffrance » :

  • Souffrance physique : (algologie) : douleur localisée dans le corps (zona, appendicite…)
  • Souffrance psychologique : (psychiatres, psychologues) : maladies mentales (état dépressif)
  • Souffrance existentielle (expériences pénibles de la condition humaine) : deuil, abandon, solitude, dégoût de la vie…

Souffrir, c’est subir ; le patient est la personne dont s’occupe le médecin (nouveau nom du malade) :

  • on peut être malade sans recourir au médecin (l’inverse est moins vrai, même l’hypocondrie est une maladie)
  • mais on n’est patient que dans une relation thérapeutique (on est toujours le patient d’un médecin ou d’un soignant)

Le patient est celui qui « pâtit », littéralement, celui dont la puissance d’agir est diminuée. (supporter, souffrir - par opposition à l’agent)

  • souffrance et
  • passivité

la souffrance est d’abord une violence subie. Le souffrant est tout entier dans sa souffrance. Celle-ci écrase, paralyse, accapare le sujet qui en est victime, au point qu’il ne peut que se replier sur lui-même et se séparer des autres.

Selon Paul Ricoeur : "Exilé du monde, coupé des autres, le souffrant est incapable d’agir, il n’est plus agent de de sa vie, il est pure passivité, à la merci d’autrui".

 

Documentation

A. Caron-Deglise : Souffrance et expression de la volonté de mourir (in Fins de la vie, les devoirs d'une démocratie, Collectif DES, ss la dir. d'E. Hirsch, Cerf, 2025, p.307)

 

M. Leveque : PLutôt moins souffrir que mourir (in Fins de la vie, les devoirs d'une démocratie, Collectif DES, ss la dir. d'E. Hirsch, Cerf, 2025, p.345)

 

E. Olie et R. Gourevitch : La souffrance psychologique, jamais absente dans une demande d'aide à mourir : la définir, l'évaluer, la prendre en charge (in Fins de la vie, les devoirs d'une démocratie, Collectif DES, ss la dir. d'E. Hirsch, Cerf, 2025, p.351)

 

A. Boulanger : La souffrance et le droit, (thèse 2020, thèse Aix-Marseille) LGDJ 2022.

 

J. RICOT : Penser la fin de vie (Hygée 2e éd., 2019, p. 118 s. not.)

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