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Douleurs / souffrances

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Quel intérêt de différencier la souffrance de la douleur ?

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lossaire

Dernière mise à jour : 1/7/2026

Cf. : souffrance, douleur, réfractaire, antalgique, algologie...

 

Quand c’est trop de souffrance, des soignants, de la famille, du patient, le dernier qui se lasse c’est le patient (J. Leonetti)

 

Douleur/souffrance

Les deux termes sont souvent employés l’un pour l’autre sans gravité même si des différences existent :

  • Douleur : ressentie ou perçue par l’individu : on parle de douleur physique.
  • Souffrance : causée par un élément extérieur (une maladie ou une personne peuvent générer de la souffrance) on parle de souffrance morale, ou encore de souffrance globale.

La loi du 2 février 2016 (Claeys-Leonetti) fait état de souffrance quand il s’agirait parfois plutôt de douleur.

Le projet de loi 2024 ne prend pas en charge (/ PLFSS) la douleur chronique (sauf via le cannabis thérapeutique très discuté).

 

Algologie

 

Discipline médicale qui évalue et prend en charge les douleurs chroniques, les praticiens sont souvent des neurochirurgiens ayant suivi une spécialisation : Dr Marc Lévêque…

N.B. : sans aucun lien avec le traitement de la douleur, le traitement par les algues marines utilise aujourd’hui le même terme :)

 

Douleur réfractaire : la Porte d’entrée de l’euthanasie ?

Les douleurs réfractaires ne sont habituellement évoquées et affichées que pour toucher émotivement le public et légitimer la légalisation de l’euthanasie. Elles sont la porte d’entrée « sentimentale » pour légitimer une légalisation.

Les textes de loi de la fin de vie sont petit à petit passés du traitement de la douleur à celui de la souffrance. Or peut-on supprimer toute souffrance de nos existences ? Ce présupposé a besoin d'être repensé dans un contexte considérant la condition humaine, tout en refusant tout dolorisme. Cet équilibre difficile a essayé d'être travaillé par Jean Leonetti, et c'est cet équilibre que l'on remet en travail avec les projets de mort provoquée.

 

 

Belgique : Le Dr De Locht reconnaît pratiquer 1 euthanasie par mois et fait état de "souffrances" psychiques (non pas réfractaires).

  • Légalisation de l’aide active :

Belgique, Pays-Bas et Canada accueillent l’aide à mourir (la mort provoquée) pour des motifs très éloignés des « douleurs réfractaires ». De fait (et de droit), l’aide active à mourir dans les pays l’acceptant, est pratiquée sur des personnes, loin de la mort, dépressives.

 

  • La spécialité des soins palliatifs

Les soignants formés aux soins palliatifs sont des « experts » de la prise en charge de la douleur. Même les partisans de l’euthanasie se sentent obligés d'en reconnaître les mérites.

Les patients "souffrants" demandant l’euthanasie abandonnent leur demande dès qu’il y a prise en charge par les soins palliatifs dans la quasi-totalité des cas. La Cour des comptes regrette que seule la moitié de ces personnes puisse accéder à cette prise en charge essentielle : 180 000 français par an ne seront pas pris en charge dans leur mourir et souffriront probablement, alors que des moyens existent. Lorsque les patients sont pris en charge en soins palliatifs, seuls 0,27% renouvellent leur demande d’euthanasie.

 

Les spécialistes de soins palliatifs constatent que lorsqu'il y a prise en charge, il n'existe pas de personne que l'on ne parvienne à soulager ni qui meurre dans d'atroces souffrances. Dans les cas de douleurs les plus réfractaires, la sédation profonde permet une forme d'anesthésie générale.

 

  • Les demandes persistantes

1- Par personne mourante :

Ces demandes doivent être prises en compte. La sédation profonde et continue (loi de 2016, CSP, art. L. 1110-5-2 et R. 4127-37-3) est dédiée à ces souffrances qui atteignent les limites de la médecine. Le patient peut recevoir des sédatifs associés à des analgésiques : il mourra endormi et avec une gestion de sa douleur.

 

2- Par personne non mourante :

Ces personnes peuvent n’être pas des patients (pas de pathologie mortelle) et la demande revient à un suicide pratiqué par un tiers parce que le sujet ne voudrait pas le faire lui-même. « Donner la mort n’est pas un soin » rappellent les soignants. Le droit à impose une obligation de faire aux soignants.

Les dépénalisations étrangères révèlent que les personnes sont peu souvent en état de souffrance réfractaire mais plutôt en refus de la vie, de la mort ou de la maladie. Précarité financière, vieillesse (polypathologies), abandon, solitude, handicap, psychiatrie et dépression ne correspondent pas à des « souffrances réfractaires ». Les Pays Bas euthanasient des personnes autistes et des conjoint de malades souffrants…

 

3- Souffrances psychiques :

"Dans le cas de l’euthanasie pour raison psychique, on assiste donc à une inversion des logiques de vie et de mort, puisque le discours propose d’objectiver les raisons de vivre, et d’octroyer la mort sur base de critères subjectifs. Il est à craindre que ce retournement – cette perversion – déboulonne les ressorts même du vivre ensemble." (Ariane Bazan)

 

4- Santé mentale :

"Discordance entre promotion de la santé mentale et de l’euthanasie. Le Premier ministre a déclaré vouloir faire de la santé mentale une priorité nationale. Parallèlement, un projet de loi sur l'euthanasie et le suicide assisté doit être débattu à l'Assemblée nationale.

Du point de vue du psychiatre que je suis, il existe une discordance évidente entre l'idée de promouvoir la santé mentale tout en envisageant le suicide assisté ou l'euthanasie, ce qui est difficile à concilier avec la prévention du suicide (10 000 décès par suicides/an et 20 fois plus de tentatives de suicide en France) et la protection des personnes vulnérables, notamment les patients psychiatriques. En effet, dans les pays ayant légiféré sur l'euthanasie, un élargissement des critères, incluant l'euthanasie pour des motifs psychiatriques a systématiquement été observé."

 

De plus, le projet de loi de mai/juin 2024 prévoyait que l'euthanasie-suicide assisté puisse être réalisée par un tiers, autre que le patient ou un soignant. Cependant, la question des répercussions sur la santé mentale de ce tiers impliqué dans le processus n'est pas abordée. Il est tout à fait envisageable que cela favorise l'émergence de traumatismes ou de troubles anxio-dépressifs chez cette personne par la suite. Cela est un autre point qui entre en contradiction avec les déclarations du Premier ministre concernant la santé mentale. (Emilie Olie, Collectif DES, video-conférence 2025).

Documentation

Algologie : Dr M. Leveque « Ce que le médecin peut et doit en réponse à la personne qui souffre »

 

A. Boulanger :

  • La souffrance et le droit, thèse 2020 (Presses Universitaires d'Aix-Marseille, 2022)
  • Le droit à la sédation profonde et continue et le désir de ne plus souffrir (RJPF déc. 2017, p. 8)
  • Les recommandations de la Haute Autorité de santé concernant les douleurs rebelles et les pratiques sédatives », RJPF 2020-5/15

 

Cour des comptes, Soins palliatifs, rapport 5 juill. 2023

 

A. Bazan : L’euthanasie pour souffrance psychique en Belgique : le soin inconditionnel ou la mort (PSN 2023/1 p. 47)

 

Etude Guirimand:

Guirimand F., Dubois É., Laporte L., Richard J.F., Leboul D. Deathwishes and explicit requests for euthanasia in a palliative care hospital: an analysis of patients files. BMC Palliat Care 2014;13(1):53

 

Analyse des chiffres de l’étude de F. Guirimand : allégation n°7

 

Critique de propos erronés diffusés par l’ADMD

 

Régression : l’Humanité

 

« Euthanasie : un progrès social ? » I. Marin et S. Piazza (Feed Back, 2023)

 

Société Française d'Etude et de Traitement de la Douleur

 

Critique du PLFSS

 

E. Olie: Collectif DES video conférence 25 juin 2025 : Aider à mourir et prévenir le suicide, est-ce compatible ?

 

"Douleur, Souffrance et Droit" : A. Cheynet de Beaupré, Supprimer la souffrance en supprimant le souffrant ? , ss la dir. Fr. Vialla et P. Vielfaure, Faculté de Droit et Science politique de Montpellier, LEH 2024.

 

Belgique : Aziliz Le Glaz, Euthanasie pour souffrance psychique : “ schizophrénie ” de la psychiatrie belge ? Ethique. 2019. ffdumas-02352272f

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