Grande-Bretagne (Royaume-Uni)

Où en est l'assisted dying act bill ?
G
lossaire
Dernière mise à jour : 9/12/2026
Le 11 septembre 2026, le parlement britannique a,rejeté définitivement la proposition de loi sur le suicide assisté par 270 voix pour et 286 contre.
Pourquoi une telle différence avec la France ? Quels sont les éléments qui expliquent ces résultats opposés alors même que leur texte était beaucoup plus restrictif que le nôtre, que le débat a été tout aussi vif et long et qu'ils suscitait la même opposition d'un grand nombre de soignants, en soins palliatifs en particulier ?
2 différences majeures:
- La première est le développement des soins palliatifs :
Malgré un système de santé en grande difficulté (comme le nôtre), l'Angleterre reste depuis des années en tête de tous les classements internationaux pour les soins palliatifs. Les politiques publiques en ce sens sont anciennes et efficaces. Pour mémoire, notre stratégie décennale 2024-2034 n'a toujours pas de gouvernance alors qu'on arrive au bout de la 3eme année et aucun décret d'application de la loi soins palliatifs, pourtant consensuelle, n'est publié alors qu'on nous annonce déjà ceux de la loi "aide à mourir".
L'accès préalable et réel à des soins palliatifs de qualité est d'ailleurs l'argument évoqué par le nouveau premier ministre travailliste Andy Burnham pour refuser de voter la proposition de loi.
- La deuxième différence, sans doute la plus essentielle, est la position des personnes concernées. Ce sont les voix des personnes malades et en situation de handicap, menées par Tanni Grey Thompson à la chambre des Lords, qui se sont élevées pour protester contre un texte insuffisamment protecteur de leurs droits et les désignants de façon stigmatisante comme "éligibles". Ils ont affirmé avec force que la liberté accordée à quelques uns l'était aux dépens de leur sécurité, du regard porté sur la maladie et le handicap et de leur place dans la société. Le magnifique documentaire de Liz Carr Better of dead en est le signe éclatant.
Chez nous, à l'exception de quelques voix (Les Éligibles et leurs Aidants , Elisa Rojas, les devalideuses, le Front de Gauche Antivalidiste...), les plus grandes associations et fédérations de personnes malades ou en situation de handicap ont soutenu, activement ou passivement, un texte qui vient pourtant leur dire que, si elles demandent à mourir, notre société leur dira oui (alors qu'elle dira non à tous les autres) et qui exposent les plus vulnérables au sentiment d'être "de trop". Comment comprendre cet auto-effacement dans une société dont le regard validiste est encore aggravé par cette loi? (C. Fourcade)
🔴 🔵 THE BILL IS DEAD ! 🔵 🔴
La loi sur l'aide à mourir en Angleterre et au Pays de Galles échoue au Parlement
🕳️Le projet de loi sur l'aide à mourir en Angleterre et au Pays de Galles a échoué à être adopté vendredi au Parlement, son examen n'ayant pas pu être finalisé dans les temps après avoir été bloqué pendant des mois à la chambre des Lords.
🕳️En juin 2025, la chambre des Communes avait approuvé la légalisation de l'aide à mourir en Angleterre et au Pays de Galles pour certains malades en phase terminale.
🕳️Mais le projet de loi s'est enlisé à la chambre des Lords, où plus de 1.200
amendements avaient été déposés, rendant impossible son adoption à temps.
🕳️Le dernier débat sur le texte s'est tenu vendredi dans cette chambre haute, et s'est conclu par l'abandon du texte.
🔴 Ce "precedent" britannique est d'autant plus marquant que ce rejet a eu lieu sous un gouvernement et une majorité de gauche.
L'Ecosse avait commencé à marquer le pas quelques semaines aupravant.
- Royaume Uni :
Le Royaume-Uni n’accepte ni l’euthanasie ni le suicide assisté.
Exceptionnellement, depuis 2002, l'interruption des soins dans certains cas est autorisée. Le suicide assisté est passible d'une peine allant jusqu'à quatorze ans d’emprisonnement. Mais de nouvelles directives émises en 2010 incitent à la clémence lorsque l'acte est effectué par "compassion".
En octobre 2024 : alors que le débat sur le suicide assisté (et non l'euthanasie) s'ouvre en Grande Bretagne, voici l'analyse de courrier international sur l'article ci-joint :
Pour le média classé à gauche, se focaliser sur la fin de vie est “prématuré” et pourrait même être considéré comme un prétexte pour détourner l’attention des problèmes de fond, à l’instar des “soins prodigués aux personnes âgées de plus de 80 ans”, dont le nombre devrait doubler pour atteindre plus de six millions d’ici à 2070. Il rappelle à ce titre que l’amélioration des systèmes de santé et d’aide sociale défaillants était “l’une des grandes promesses” des travaillistes.
L’hebdomadaire conclut : “Au lieu de débattre des mérites moraux du suicide assisté, [le gouvernement] devrait commencer par déterminer comment il compte aider les gens à vivre.”
En septembre 2025, considérant que les protections des personnes vulnérables ne sont pas claires, la Chambre des Lords avait suspendu l'examen du texte.
