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Urgences

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Peut-on être en fin de vie et aux urgences ?

G

lossaire

Dernière mise à jour : 10/11/2025

Fin de vie aux urgences

M.F. Couilliot, C. Vassy, D. Leboul :

 

"Pour un certain nombre de patients, l’incertitude ne porte pas sur le pronostic mais sur l’échéance de la mort. Ces malades sont à une phase avancée d’une affection grave et incurable. Même s’ils sont considérés comme « hors de toutes ressources thérapeutiques », les médecins qui prennent en charge ces malades ne vont pas faire de choix entre démarche curative ou palliative. Les soins dits « actifs » perdurent, associés à des soins de confort. L’objectif reste de stabiliser suffisamment l’état des patients afin de les transférer dans un service de spécialité. Mais ceux-ci n’en veulent pas, ce qui allonge le temps de présence à l’UHCD.../…

 

La succession des équipes médicales liées à l’organisation du service, ainsi que l’absence de protocole pour ces prises en charge, se traduisent par des variations de choix thérapeutiques. En l’absence de prise de décision collégiale, la prise en charge devient incohérente et ce, d’autant plus que la durée d’hospitalisation s’accroit." "Dans ces cas de mort anticipée sans délai prévisible, la plupart des médecins préfèrent continuer des thérapeutiques de stabilisation du malade, ou même des examens diagnostics inutiles. .../...

 

Si le patient ne meurt pas, il finit par être transféré le plus souvent « à la hussarde », de nuit, en faisant appel à la direction de l’hôpital qui impose le transfert dans un service de soins où un lit s’est libéré."

 

"Etant donné la fréquence du recours des personnes en fin de vie aux Urgences, l’appel à des disciplines médicales .../... comme la gériatrie ou les soins palliatifs, devrait être plus systématique car elle favoriserait une meilleure qualité de la prise en charge. Cela.../... ne résout pas la question des contraintes gestionnaires. Les réponses pourraient être des dérogations à la durée de séjour impartie aux Urgences. Le temps du mourir ne se prête guère à la rigidité de « bornes » financières. La valorisation, dans le cadre de la T2A, de l’issue « décès » et plus généralement le financement des soins palliatifs, devraient être revus. ./., les malades en fin de vie ne sont pas toujours identifiés et pris en charge en soins palliatifs. Actuellement les statistiques hospitalières montrent que la prise en charge palliative est peu fréquente chez les patients qui meurent à l’hôpital : seulement 22 % de patients décédés sont identifiés et codés dans la base du PMSI en « soins palliatifs » et seuls 2,5 % sont morts en Unité de Soins Palliatifs "

 

"Notre étude montre que la prise en charge du malade en fin de vie est difficile" il existe "un certain nombre de contraintes réglementaires, organisationnelles et financières, comme la contradiction majeure entre la temporalité de certains décès et la durée de séjour optimale fixée règlementairement".

 

"Force est de constater que les politiques hospitalières actuelles en termes de financement à l’activité et de réduction des lits et du personnel, rendent plus difficile l’accompagnement de la mort à l’hôpital. "

Documentation

M.F. Couilliot, C. Vassy, D. Leboul : Le temps du mourir et le temps de l’hôpital : prise en charge des patients en fin de vie aux Urgences (Santé publique, 2011, vol. 23, n° 4, p. 269)

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