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Substances

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Quelles substances sont utilisées pour provoquer la mort ?

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lossaire

Dernière mise à jour : 12/10/2025

Les principales substances utilisées sont en réalité des « médicaments ». Pour des soins curatifs ou palliatifs, ces substances ont vocation à guérir ou soigner. Utilisées à des doses importantes ou avec une périodicité raccourcie, un effet létal est possible, comme souvent avec les médicaments.

  • Midazolam
  • Norcuron
  • Hypnovel
  • DLP (Dolosal + Largactil + Phenergan)
  • Pentobarbital...

 

Midazolam : de la famille des benzodiazépines, médicament d'action courte utilisé afin d'induire une sédation (état de calme, de somnolence ou de sommeil) et de soulager l'anxiété et la tension musculaire (hypnotique sédatif). Le midazolam a été rendu disponible en officine de ville (en plus de l'hôpital) à partir de janvier 2022 pour permettre la sédation à domicile.

 

Hypnovel : de la famille des benzodiazépines contient du midazolam. Il agit rapidement afin de rendre somnolent ou d’endormir.

+ Analgésiques : Les analgésiques opioïdes sont généralement utilisés pour gérer la douleur de modérée à aiguë, qui peut être vive (douleur à court terme à la suite d'une chirurgie) ou chronique (douleur à long terme associée à un problème de santé, comme divers types de cancers).

La SPCMJD pratiquée en France (CSP, art. L. 1110-5-2 et R. 4127-37-3) associe un analgésique à un sédatif comme le Midazolam.

 

Cocktail lytique :

DLP (Dolosal + Largactil + Phenergan) association parfois utilisée dans les années 1980/1990 en France en surdosage avec effet létal puor administrer une "cocktail lytique" à un patient souffrant en fin de vie. Abandonnée, cette pratique s'inscrit dans une période où les soins palliatifs n'étaient qu'à peine connus en France.

 

Protocole (belge) de sédation palliative (Palliaguide)

« Plusieurs médications peuvent être utilisées pour réduire de manière intentionnelle l’état de conscience du patient. Le choix se portera sur le sédatif alliant au mieux efficacité et sécurité.

  • Le midazolam est considéré, de façon unanime, comme le produit de référence. Il est généralement utilisé en première intention. D’autres benzodiazépines, comme le lorazépam ou le diazépam, sont utiles lorsqu’on redoute le développement d’une tolérance rapide au midazolam.
  • Le propofol et les barbituriques sont réservés aux situations où les benzodiazépines n’apportent pas l’effet escompté. Leur administration requiert l’intervention d’une équipe expérimentée.
  • La clonidine peut être ajoutée au sédatif pour potentialiser son effet. Elle est utile en cas d’escalade rapide des doses, lorsqu’on suspecte un effet de tolérance.
  • Un neuroleptique comme l’halopéridol ou la clotiapine (utilisée plus fréquemment dans le nord du pays) peut être combiné au sédatif lorsque le patient présente une agitation psychomotrice secondaire à un délirium réfractaire. »

 

Pentobarbital de sodium : (Nembutal), barbiturique à action rapide, par le passé utilisé en anesthésie et comme somnifère (pour ses propriétés hypnotiques), il entraîne une certaine dépendance.

Il n’est utilisé en France que par les vétérinaires. Ce « médicament de la mort » déclenche automatiquement sur Internet des avertissements de prévention du suicide. Il est utilisé en Suisse pour les suicides assistés (not. dans l’affaire Alda Gross c/ Suisse, CEDH, 14 mai 2013).

Ingéré sous forme liquide, cette substance endort la personne en deux à cinq minutes avant de sombrer dans un coma profond, suivi peu après par la mort.

La lutte contre la douleur passe par le recours à des analgésiques, des sédatifs, des curares…

 

Norcuron : (Bromure de vécuronium) de la famille des curares, il est utilisé pour une anesthésie générale afin d’assurer la relaxation des muscles squelettiques lors d'une intervention chirurgicale ou d'une ventilation mécanique.

Une curarisation a pu être identifiée dans certains décès reprochés au Dr Bonnemaison en 2015.

 

Capsule Sarco

Philip Nitschke, ancien militaire australien, a mis au point une machine à suicide.

  • « La capsule est posée sur un équipement qui va inonder l’intérieur d’azote, réduisant rapidement le niveau d’oxygène de 21% à 1%. La personne se sentira un peu désorientée et pourra se sentir légèrement euphorique avant de perdre conscience. Le tout dure environ 30 secondes. La mort survient par hypoxie et hypocapnie, c’est-à-dire par privation d’oxygène et de dioxyde de carbone, respectivement. Il n’y a pas de panique, ni de sensation d’étouffement ».

L’évolution envisagée pour cette capsule est cependant très inquiétante (Revue Passages):

  • « À l’heure actuelle, le suicide assisté demande l’intervention d’un ou d’un groupe de médecins, tant pour donner la substance létale que pour valider la capacité mentale de la personne désireuse de partir. La finalité de la capsule Sarco est de ne plus avoir besoin des services de ces experts. Concernant l’évaluation psychiatrique, c’est une IA qui s’en chargera. Évidemment, il y a beaucoup de scepticisme. Les premiers sceptiques sont les psychiatres. Une idée explorée est que le patient pourrait effectuer un test web et réceptionnerait recevrait un code afin d’avoir accès au Sarco ».

A la suite de la première utilisation officielle en Suisse, le 23 septembre 2024, de la capsule promettant un suicide sans douleur, ont été constatés : étranglement et graves blessures…

 

Administration :

 

Au Québec sont presque systématiquement posés 2 cathéters sur la personne. Ceci permet une réaction plus rapide en cas de dysfonctionnement e la première injection.

De plus en plus est pratiquée l'injection fémorale, considérée comme plus efficace.

L'administration orale y a été abandonnée, car plus lente à faire effet.

 

Administration hors protocole

L’une des difficultés tient à l’accès à ces substances, facilité sur Internet, en dehors d’une prescription ou d’un protocole.

L’état de nécessité a été invoqué dans une affaire relevant de l’assistance au suicide : le tribunal correctionnel d’Angers a relaxé (le 2 mai 2022) un vétérinaire jugé pour « faux et usage de faux » après avoir rédigé de fausses ordonnances. Les documents falsifiés devaient permettre à l’un de ses amis atteint de la maladie de Charcot de se procurer des médicaments létaux normalement dédiés aux animaux, et de mettre fin à ses jours. Le juge a décidé de retenir « l’état de nécessité » et de mettre le vétérinaire hors de cause. Le Parquet a fait appel de la relaxe et le vétérinaire a été reconnu coupable en appel, mais dispensé de peine le 30 novembre 2023.

 

Modalités

Les administrations peuvent être orales ou par injection, avec des durées d’effet différentes. Il y a en général un minimum de 5 minutes à attendre pouvant atteindre près de 25 minutes en solution buvable.

La solution buvable permet de qualifier l’acte de suicide assisté et non d’euthanasie, le patient prenant lui-même le verre tendu. En cas d’injection, le plus souvent, l’acte est réalisé par un tiers, il s’agit alors d’une euthanasie. Le CFCEE belge (v. ces mots) prête une attention particulière à ces modes d’administration pour étudier le respect du protocole.

La capsule Sarco introduit une autre modalité portant sur l’inhalation : l’azote est distribué, l’oxygène retiré. Mais l’autopsie du premier usager suisse en 2024 a révélé 20 minutes d’agonie et des blessures.

 

Effectivité défectueuse

L’effectivité de l’administration des substances n’est cependant pas garantie. Aussi des « doses de sécurité » sont-elles prévues à administrer rapidement aux patients sur lesquels la substance n’a pas agi pleinement. Des soignants (en Belgique) doivent rester dans les locaux, à proximité, afin d’assurer ce correctif en cas d’ineffectivité.

L’avant-projet de loi français de décembre 2023, conscient des risques d’ineffectivité, prévoyait dans son titre III un tel dispositif qu’il avait malencontreusement nommé « secourisme à l’envers » : une seconde dose létale de secours si la première s’avère insuffisante ou défectueuse.

 

Trafic de substances illicites

En septembre 2025 s'est ouvert un procès pour trafic international de substances illicites (Pentobarbital) à l'encontre de l'association "Ultime liberté". Les prévenus revendiquaient un "droit à la liberté" de mourir et dénonçaient les "carences" du système français. Ils ont participé à un trafic international de substances illicites pour les transmettre à des personnes envisageant la mort. Un tel trafic porte atteinte, notamment, à la protection de la santé publique et à la sûreté des personnes.

Les agissements auraient aussi pu relever de la non-assistance à personne en péril voire d'incitation au suicide.

Prendre l'initiative en dehors de tout cadre collégial, médical et réglementé, de procurer une substance létale à une personne en souffrance est extrêmement grave.

Documentation

Procès Ultime liberté (sept. 2025)

 

Vétérinaire

 

Alda Gross CEDH, 14 mai 2013 ; CEDH, grande chambre, 30 sept. 2014, aff. 67810/10

 

Capsule Sarco

 

Pentobarbital : Toxicologie Analytique et Clinique, Elsevier, Vol. 33, Issue 3, Supplement, Sept. 2021, Pages S40-S41, Suicide au pentobarbital : à propos d’un cas, G. Drevin, P. Compagnon, S. Ferec, N. Jousset, B. Lelièvre, M. Briet, Chadi Abbara

 

Analgésiques

 

HAS

  • Protocole de sédation palliative
  • Avant-projet de loi relatif à l’accompagnement des malades et de la fin de vie du 6 déc. 2023.

 

Secourisme à l’envers

 

Duration DWDA

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