Psychiatrie

Une euthanasie est-elle possible sur un patient souffrant de troubles psychiatriques ?
G
lossaire
Dernière mise à jour : 11/20/2025
2025 : Déclaration de la Société internationale pour les approches psychologiques et sociales de la psychose sur l'euthanasie (extraits):
"L'ISPS alerte la communauté internationale sur l'évolution dangereuse que représente l'autorisation de ️l'euthanasie ️ou du suicide assisté
en cas de souffrance psychiatrique insupportable.
Cette situation soulève des questions médicales, éthiques et sociopolitiques complexes qui ne peuvent être considérées isolément.
Un désir ardent de mourir résulte souvent du désespoir et d'une vision étriquée, et non d'un pronostic irréversible.
Dans les pays où l'euthanasie est légale, elle place les professionnels de santé dans une situation impossible :
ils doivent à la fois protéger la vie et faciliter la mort.
Le suicide et l'euthanasie ont un impact profond sur l'entourage de la personne concernée.
L'autonomie n'est possible qu'en relation avec autrui ; la véritable autonomie n'existe pas dans l'isolement."
Pays-Bas :
L'euthanasie psychiatrique prend désormais une orientation inquiétante :
🟢 Wilbert van Rooij (psychiatre néerlandais) constate que :
« L'euthanasie chez les patients psychiatriques pose des problèmes importants, une pratique de plus en plus courante.
🕳️ L'euthanasie fondée sur la souffrance psychique est de plus en plus souvent pratiquée par des psychiatres néerlandais militants chez les moins de 30 ans, malgré l'impossibilité d'établir un pronostic fiable pour ces jeunes patients. Après tout, la plupart des jeunes patients qui demandent l'euthanasie parviennent finalement à donner un nouveau sens à leur vie. Il est donc généralement impossible de déterminer le désespoir.
🕳️ Pour légitimer leurs actions, ces psychiatres interprètent de plus en plus largement les critères juridiques requis pour pratiquer l'euthanasie. Cela signifie que les patients qui souhaitent mourir risquent de mourir inutilement par euthanasie.
🕳️ Ces psychiatres mènent également une campagne publique agressive pour promouvoir l'euthanasie comme une « solution juste et digne » pour les patients psychiatriques.
🕳️ Étant donné que le gouvernement néerlandais soutient également l’euthanasie en psychiatrie (en partie parce qu’elle permet de réduire les coûts de santé), de nombreux psychiatres néerlandais ont malheureusement accepté cette pratique (qui met la vie en danger). »
Le 27 août 2025, des psychiatres du Nederlandse Vereniging voor Psychiatrie (NVvP : Association néerlandaise de psychiatrie) ont écrit une lettre (soutenues par 133 experts internationaux) pour dénoncer l'orientation inquiétante de l'euthanasie dans les approches psychiatriques :
- la loi sur l'euthanasie ne fait pas de distinction entre souffrance somatique et psychologique, bien que ces souffrances soient très différentes.
- L'évaluation de l'« insupportabilité » de la souffrance psychologique repose souvent sur des interprétations subjectives, sans consensus empirique.
- Les jeunes adultes et les mineurs posent des défis supplémentaires, car leur capacité à prendre des décisions éclairées peut être compromise.
- Les demandes d'euthanasie peuvent être influencées par des facteurs relationnels et sociaux, nécessitant une approche plus compréhensive que la simple évaluation psychiatrique.
France
La PPL 661 envisageant la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté n'exclut aucunement les troubles psychiatriques du champ d'application de "l'aide à mourir".
Les avertissements sur les situations dénoncées par les psychiatres de l'ISPS (cf supra) sont totalement ignorés par le texte qui envisage une euthanasie "pour tous" (même pour les personnes atteintes de déficience intellectuelle).
L'article 4 de la PPL 661 n'exclut qu'une hypothèse : demander à mourir seulement pourt "souffrances psychologiques" (chagrin d'amour, mal être...).
Ontario
Trudo Lemmens (nov. 2025) :
Dans un numéro spécial de la Revue canadienne de bioéthique, j’aborde des éléments troublants de la pratique du MAID euthanasia au Canada et en Ontario, en me fondant sur une analyse des rapports du Comité d’examen des décès liés à l’aide médicale à mourir du coroner en chef de l’Ontario, en particulier le dernier rapport sur l’aide médicale à mourir pour la démence. Il s’agit parfois d’évaluations minimales de la capacité, de procédures de consentement éclairé douteuses, d’interprétations souples de critères juridiques et de concepts tels que la « mort naturelle raisonnablement prévisible », l'« état avancé de déclin irréversible » et la « renonciation au consentement final ». L’article souligne l’accent troublant mis sur l’accès à la mort, notamment en contournant les exigences d’examen législatif.
Documentation
PPL 661 proposition de loi française sur l'aide à mourir (2025)
ISPS : déclaration internationale sur l'euthanasie
Trudo Lemmens : What Ontario MAID Death Review Committee Reports Tell Us About Canada’s MAID Policy and Practice — And About the Overhaul It Needs (4 nov. 2025, Canadian Journal of Bioethics, )
