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Claeys /Leonetti

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Faut-il faire évoluer la loi Claeys-Leonetti de 2016 ?

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lossaire

Dernière mise à jour : 11/8/2025

Voir : Loi du 2 février 2016

 

Alain Claeys (député Parti Socialiste) et Jean Leonetti (médecin et député Les Républicains) ont élaboré une loi au lendemain de la mort de Vincent Lambert (le schéma était identique pour la loi de 2005 (loi Leonetti) qui fut votée après une affaire médiatisée, celle de Vincent Humbert).

 

La loi de 2016 est venue affiner et compléter les dispositions posées par la loi Leonetti de 2005 (et les lois de 1999 et 2002).

Le Droit français de la fin de vie pose ainsi :

  • Le refus de l’obstination déraisonnable (CSP art. L.1110-5-1, L. 1110-5-2 et R. 4127-37)
  • La possibilité d’une demande d’arrêt des traitements par le patient (CSP, art. L. 1110-5-1 et R. 4127-37-2) en respect de l’autonomie de la volonté
  • La distinction entre soins (poursuivis jusqu’à la fin) et traitements (susceptibles d’être arrêtés, comprenant l’hydratation ou la nutrition artificielles) (CSP, art. L. 1110-5-1)
  • La sédation profonde et continue maintenue jusqu’au décès (CSP, art. L. 1110-5-2 et R. 4127-37-3)
  • Le double effet (un traitement est administré pour soulager la souffrance au risque d’accélérer la mort) (art. L. 1110-5 CSP)
  • La désignation d’une personne de confiance
  • La rédaction de directives anticipées (CSP, art. L. 1111-11), 2 modèles distincts selon que la personne est atteinte d’une pathologie grave ou non.
  • Des directives inappropriées peuvent être écartées par les soignants en décision collégiale (notamment une demande de maintien en vie (CE, 19 août 2022)

 

Des améliorations seraient toujours possibles, elles pourraient concerner les directives anticipées, problématiques car posées par des personnes bien portantes ou ne connaissant pas l’état dans lequel elles se trouveront ultérieurement (le consentement n’est alors pas réellement éclairé). Demander ce qu’il penserait à un bien portant est faussé sur le fond.

 

Des discussions anticipées (à distinguer des directives anticipées) entre patient et soignant devraient être développées qui, en revanche, sont réalisées en temps réel d’évolution de la pathologie.

 

Equilibre

Rares sont les lois qui réalisent un tel équilibre entre des positions antagonistes ou difficiles à concilier (patient/médecin ; autonomie personnelle/respect de la vie…).

L’ordre des médecins (CNOM) a expressément fait part de son opposition à une « évolution » de la loi 2016, demandant au contraire qu’elle soit pleinement appliquée.

Documentation

Le rapport d’évaluation de l’IGAS sur les conditions d’application de la loi Claeys-Leonetti (A. BOULANGER, RJPF sept. 2018, p. 12).

 

Loi Claeys-Leonetti 2016

 

IGAS : Évaluation du plan national 2015-2018 pour le développement des soins palliatifs et l’accompagnement en fin de vie

Sénat :

  • Fin de vie : privilégier une éthique du soin (28 juin 2023)
  • Rapport d'information n° 795 (2022-2023)

 

CNOM 1 avr. 2023 : fin de vie et rôle du médecin

 

Académie de médecine:

  • Rapport du 27 juin 2023, « Favoriser une fin de vie digne et apaisée : Répondre à la souffrance inhumaine et protéger les personnes les plus vulnérables »
  • L’institution médicale s’est prononcée pour la première fois en faveur de l’assistance au suicide, dans un rapport publié ce lundi 17 juillet. Le gouvernement doit présenter un projet de loi sur la fin de vie cet été (L’Express, T. Barnaud avec AFP 17 juill. 2023)

 

QPC: Refus d’appliquer les directives par le médecin : Décision n° 2022-1022 QPC du 10 novembre 2022 Mme Zohra M. et autres [Refus du médecin d’appliquer des directives anticipées manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale du patient]

 

Directives inappropriées : CE, 19 août 2022, n° 466082

 

« Donner la mort n’est pas un soin », treize organisations, représentant 800 000 soignants se positionnent dans un avis éthique

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