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Catholicisme

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Que dit l'Eglise catholique de l'euthanasie et du suicide assisté ?

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lossaire

Dernière mise à jour : 10/10/2025

Sur l’euthanasie, dans un contexte historique lourd (1940), le pape Pie XII s’est prononcé sans ambiguïté, en pleine opération T4 nazie, contre l’euthanasie eugéniste des handicapés psychiques et physiques.

 

Le Catéchisme de l’Eglise catholique exprime être favorable au traitement à double effet (un traitement est administré pour soulager la souffrance au risque d’accélérer la mort (art. L. 1110-5 CSP)). Lutter contre la douleur, administrer des analgésiques : ces pratiques sont encouragées sous réserve de ne jamais porter atteinte à la vie.

En 2020, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a publié la lettre Samaritanus Bonus « Sur le soin des personnes en phases critiques et terminales de la vie ». Reprenant Iura et Bona (Document de la Congrégation pour la doctrine de la foi du 5 mai 1980 sur l’euthanasie), cette lettre élargit le propos à la question globale de la maladie grave et de la fin de vie.

 

Catéchisme de l'Eglise catholique :

 

L’euthanasie

  • 2276 Ceux dont la vie est diminuée où affaiblie réclament un respect spécial. Les personnes malades ou handicapées doivent être soutenues pour mener une vie aussi normale que possible.
  • 2277 Quels qu’en soient les motifs et les moyens, l’euthanasie directe consiste à mettre fin à la vie de personnes handicapées, malades ou mourantes. Elle est moralement irrecevable.
  • Ainsi une action ou une omission qui, de soi ou dans l’intention, donne la mort afin de supprimer la douleur, constitue un meurtre gravement contraire à la dignité de la personne humaine et au respect du Dieu vivant, son Créateur. L’erreur de jugement dans laquelle on peut être tombé de bonne foi, ne change pas la nature de cet acte meurtrier, toujours à proscrire et à exclure.
  • 2278 La cessation de procédures médicales onéreuses, périlleuses, extraordinaires ou disproportionnées avec les résultats attendus peut être légitime. C’est le refus de " l’acharnement thérapeutique ". On ne veut pas ainsi donner la mort ; on accepte de ne pas pouvoir l’empêcher. Les décisions doivent être prises par le patient s’il en a la compétence et la capacité, ou sinon par les ayant droit légaux, en respectant toujours la volonté, raisonnable et les intérêts légitimes du patient.
  • 2279 Même si la mort est considérée comme imminente, les soins ordinairement dus à une personne malade ne peuvent être légitimement interrompus. L’usage des analgésiques pour alléger les souffrances du moribond, même au risque d’abréger ses jours, peut être moralement conforme à la dignité humaine si la mort n’est pas voulue, ni comme fin ni comme moyen, mais seulement prévue et tolérée comme inévitable. Les soins palliatifs constituent une forme privilégiée de la charité désintéressée. A ce titre ils doivent être encouragés.

 

Le suicide

  • 2280 Chacun est responsable de sa vie devant Dieu qui la lui a donnée. C’est Lui qui en reste le souverain Maître. Nous sommes tenus de la recevoir avec reconnaissance et de la préserver pour son honneur et le salut de nos âmes. Nous sommes les intendants et non les propriétaires de la vie que Dieu nous a confiée. Nous n’en disposons pas.
  • 2281 Le suicide contredit l’inclination naturelle de l’être humain à conserver et à perpétuer sa vie. Il est gravement contraire au juste amour de soi. Il offense également l’amour du prochain, parce qu’il brise injustement les liens de solidarité avec les sociétés familiale, nationale et humaine à l’égard desquelles nous demeurons obligés. Le suicide est contraire à l’amour du Dieu vivant.
  • 2282 S’il est commis dans l’intention de servir d’exemple, notamment pour les jeunes, le suicide prend encore la gravité d’un scandale. La coopération volontaire au suicide est contraire à la loi morale.
  • Des troubles psychiques graves, l’angoisse ou la crainte grave de l’épreuve, de la souffrance ou de la torture peuvent diminuer la responsabilité du suicidaire.
  • 2283 On ne doit pas désespérer du salut éternel des personnes qui se sont donné la mort. Dieu peut leur ménager par les voies que lui seul connaît, l’occasion d’une salutaire repentance. L’Église prie pour les personnes qui ont attenté à leur vie.

 

La Conférence des évêques de France a proposé en juin 2023 un formulaire de directives anticipées spécifique aux personnes de confession catholique.

Pape François (2022) : « Nous devons accompagner les personnes jusqu’à la mort, mais ne pas la provoquer ni favoriser le suicide assisté ».

Lors d’une méditation sur la mort, en février 2022, le pape François a fermement rappelé l’opposition morale de l’Église catholique à l’euthanasie et au suicide assisté.

Documentation

Aumonier N., Beignier B., et Letellier Ph., « Chapitre V - Le point de vue des autorités religieuses et morales », éd., L'euthanasie. Presses Universitaires de France, 2017, pp. 46-57.

 

Décret du Saint-Office du 27 novembre (2 décembre) 1940

 

Catéchisme de l’Église catholique (Éd. Mame-Plon 1992)   

 

Conférence des évêques de France

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